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Gravure sur cuivre Gravure sur bois Sérigraphie
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Gravure sur bois

Le bois gravé est une technique d'impression en relief. On coupe le bloc de façon à enlever tout ce qui ne doit pas être imprimé. Ensuite, on applique de l'encre sur les parties élevées en relief afin de les imprimer sur le papier par frottage à la main ou à l'aide d'une presse. On obtient alors une épreuve latéralement inversée.

Histoire

L'origine en Chine

Le bois gravé est une des techniques d'impression les plus anciennes. Au départ, il y avaient des tampons ou des sceaux sculptés. La condition de base pour le développement de la gravure sur bois était la fabrication du papier, dont les débuts datent de l'année 105 après Jésus-Christ en Chine.
La première technique d'impression était probablement le frottage de pierre: Des calligraphies sculptées dans des pierres étaient transférées avec de l'encre sur du papier par le procédé du frottage.
Le bois gravé s'est développé par la suite ou en parallèle.
Le premier livre de bois gravés imprimés qu'on peut dater précisément - la Sutra des Diamants de Dunhuang, Chine 868 - atteint un niveau tellement élevé, qu'on doit présumer que l'apparition de la gravure sur bois a du se faire bien auparavant. Durant les premiers siècles, le bois gravé a été employé en Chine uniquement pour la propagation du bouddhisme.

Europe

En Europe, l'impression de tissus avec une matrice en bois sculpté était en usage depuis des siècles, mais la gravure sur bois en tant que technique de divulgation d'images, a pu se développer seulement avec les débuts de la production du papier dans les années 90 du 14ème siècle.
Les premières épreuves étaient des images de saints qu'on pouvait évoquer au besoin et dont la vue portait protection. On les collait dans les couvertures de livres, sur les murs, le plafond ou les portes. Elles étaient imprimées par frottage à la main et souvent coloriées au pochoir.

Au niveau du style, le bois gravé apparaît en Europe à la fin du gothique. A cet époque, le sens pour le dessin de lignes spirituel était très accentué, la ligne était le moyen d'expression favori. Pour cette raison, les premières gravures sur bois étaient des compositions linéaires, rappelant les vitraux gothiques avec leur linéament noir.
Les premiers livres imprimés étaient des recueils d'estampes collées sur le dos et reliées. Le texte était d'abord rajouté par écrit, plus tard sculpté dans le bloc et imprimé à la main, comme l'image. Les thèmes de ces premiers livres étaient souvent du domaine religieux: La Biblia Pauperum/La Bible du Pauvre, la Danse Macabre, le Décalogue, les Livres des Planètes…

Avec l'invention de la typographie autour de 1440, une nouvelle ère s'ouvrait pour la production du livre, et la relation entre l'image et le texte s'inversait. Dans le livre d'estampes, l'image était primaire, dès lors c'était le texte, et l'image, toujours en bois gravé, servait d'illustration. On imprimait alors avec des presses d'impression - l'épaisseur des blocs gravés était adapté à la hauteur des lettres typographiques.
Autour de 1500, la gravure sur bois en tant que technique d'illustration florissait : Les centres de production de livres illustrés à cet époque se trouvaient en Allemagne (Augsburg, Ulm, Nürnberg) et aux Pays-Bas.

Une des œuvres les plus importantes de cet époque est la " Chronique du Monde de Schedel " (" Schedelsche Weltchronik "), illustrée avec 2000 estampes en bois gravé. Elle était imprimée par une centaine d'ouvriers sur 24 presses d'impression dans les ateliers de Nürnberg. Une répartition de travail entre le dessinateur (le créateur), le graveur et l'imprimeur était d'usage. Les créateurs restaient souvent anonymes, seulement certaines personnalités d'artistes se démarquaient.

Avec Albrecht Dürer (1471-1528) de Nürnberg, la gravure prenait une nouvelle dimension et se changeait en forme artistique. Ses grandes suites, principalement " L'Apocalypse ", avec ses compositions dramatiques et monumentales, lui apportaient beaucoup de gloire et attribuaient à la gravure sur bois une nouvelle importance.

Au 17ème siècle, la gravure sur cuivre devenait la technique d'impression préférée dans toute l'Europe et refoulait petit à petit le bois gravé qui perdait finalement tout à fait sa signification économique avec l'invention de la lithographie et, plus tard, de la photographie.
Ainsi il a survécu uniquement comme technique artistique: Sous cet aspect il a reçu une forte impulsion par l'ouverture du Japon en 1867 et la divulgation des estampes japonaises, qui ont influencé des artistes européens comme Gauguin, Munch ou van Gogh. Pour les artistes expressionnistes allemands du 20ème siècle (" Die Brücke "), la gravure sur bois avait une signification particulière et prenait une place importante dans leur œuvre.

Technique

Le bois

Divers bois se prêtent pour la gravure : Pour des modèles difficiles avec de nombreux détails et des lignes fines, on préfère le bois dur et dense des fruitiers (poire, cerisier). Le bois du tilleul ou du peuplier se coupe beaucoup plus aisément, mais il ne permet pas autant de finesse. Le bois de l'aulne est une sorte d'intermédiaire - moins dur que les fruitiers (et beaucoup moins cher!), mais pas aussi tendre que le tilleul ou le peuplier.

Transfert du dessin

On peut dessiner directement sur le bloc ou transférer un dessin sur le bois avec du papier carbone.
D'après la tradition asiatique, on fait le dessin sur un papier très fin qu'on colle sur le bloc et qu'on enlève par la suite en frottant, afin de ne préserver que le dessin sur la surface du bloc.

La coupe

Pour couper on se sert de divers gouges et couteaux. Tous les outils doivent être régulièrement aiguisés à l'aide d'une pierre.

Impression


En Europe, on imprime le bois gravé le plus souvent avec des encres grasses appliquées au rouleau et une presse mécanique. A défaut d'une presse, on utilise une cuillère plate en bois ou un outil semblable pour obtenir une épreuve par frottage manuel. Les estampes japonaises, au contraire, sont toujours imprimées manuellement à l'aide d'un outil spécifique pour frotter, le "baren". On utilise des couleurs à base d'eau qu'on repartit avec des pinceaux ou des brosses en rajoutant de la pâte de riz pour obtenir une pellicule de couleur régulière. Contrairement à la technique européenne, on imprime sur du papier humide.


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Copyright 2006 Eva Pietzcker et Miriam Zegrer