Estampe Chinoise (bois gravé)
Comme le papier, la technique
du bois gravé a été développée
en Chine. Le plus ancien livre en bois gravé qu'on
connaît, la Sutra des Diamants de Dunhang, est daté
de 868, mais il est tellement avancé au niveau technique
qu'on peut présumer que les origines remontent à
beaucoup plus loin. Les premiers sujets étaient réligieux,
l'estampe était un moyen de réproduction d'images
votives et d'amulettes bouddhistes. Durant l'époque
Song (960-1278) on publiait déjà des livres
richement illustrés en bois gravé. Pendant l'époque
Ming (1368-1644) on l'employait dans le domaine artistique
pour la réproduction de peintures à l'encre
de Chine, de papiers à lettre et à poésie.
Par contre l'estampe n'était jamais vu comme une forme
artistique en soi, mais servait uniquement à la réproduction
la plus précise que possible. Cela a changé
depuis le début du 20ème siècle, lorsque
les artistes commencaient à composer et couper leurs
blocs de bois eux-mêmes.
Durant les années 30, un intellectuel, Lu Xun, initiait
un mouvement en introduisant l'estampe comme un medium d'information
et d'expression politique. Les estampes de Käthe Kollwitz,
présentées par Lu Xun en Chine, ont eu une forte
influence sur le bois gravé de cette époque. Pendant
les années 40 le bois gravé commencait à
s'orienter vers le réalisme socialiste et par la suite
il devenait surtout un instrument de propagande. Aujourd'hui,
dans le milieu de l'estampe chinois, le bois gravé
est pratiqué de manières variées: Avec
des couleurs à base d'eau (version asiatique) ou à
base d'huile (version occidentale) et des systèmes
de régistration différents. L'introduction suivante
sur l'estampe chinoise se réfère au bois gravé
traditionnel qui est toujours pratiqué dans certains
ateliers.
Technique
Bois
On utilise surtout le bois de poirier, spécialement
des grands poiriers de Shandong, mais aussi le bois de jujube.
Transfert de l'esquisse
On esquisse sur un papier spécifique.
Pour le transfert on enduit le bloc de bois avec de la pâte
de riz et on colle le papier rapidement d'un côté.
Après on enlève le papier en frottant doucement
avec la main afin de ne retenir que l'esquisse sur le bloc.

Couper le bloc
On coupe surtout avec un couteau spécial,
le Quan Dao. Ce couteau relève de l'époque Tang
(618-907) et il est adapté parfaitement au poing de
son propriétaire.

Sa lame est aiguisée en courbe et elle
a deux pointes. Avec celle de l'avant on coupe les lignes,
avec la pointe arrière on fait sauter le bois autour
des entailles. C'est ainsi que les parties détaillées
peuvent être travaillées entièrement avec
le même couteau, pour les surfaces plus larges on se
sert de gouges en plus.
Contrairement à la technique japonaise
ou occidentale, les différents détails d'une
estampe ne sont pas coupés dans un bloc, mais repartis
sur plusieurs petits blocs et fixés à la distance
voulue sur la table d'impression à l'aide de cire.



Impression
Pour imprimer on coince le papier dans une
fente dans la table et on colle les blocs à imprimer
sur la table, à gauche de la pile de papiers repliés.
Les blocs sont encrés avec un pinceau spécifique,
pour obtenir des dégradés on renforce la couleur
en partie avec un autre pinceau ou on la dilue avec de l'eau.
Ensuite on replie le premier papier afin qu'il se pose sur
le bloc et on frotte avec un instrument concu pour cet usage.
La consistence de l'encre et la pression exercée influent
beaucoup sur le résultat. Après l'impression
on fait tomber le papier dans la fente et on imprime le prochain-
lorsque tous les papiers sont imprimés et séchés,
on peut imprimer la deuxième couleur.
On utilise du papier (à sec) ou de la soie.

Les encres traditionelles sont à base
végétale et diluées à l'intensité
voulue avec de l'eau. Le pinceau à imprimer est fait
de fibres de palmier.

L'outil de frottage pour imprimer le bloc
est couvert de fibres de palmier et de crin de cheval.



Je remercie M. Lu Zhiping pour l'organisation
de la démonstration au Peninsula Art Center Shanghai
et mme Lu Quinghua pour sa démonstration et la permission
de présenter ici ses copies d'estampes anciennes.

Eva Pietzcker, 2003
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Copyright 2006 Eva Pietzcker et Miriam Zegrer
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